Histoire de nos rues…par Claude Crevon.
La rue Samson Lepesqueur

« Le 25 novembre 1888, sur la proposition de M. Damas LEFEVRE, le Conseil municipal de La Londe, décide de donner le nom de « Samson Lepesqueur » au chemin côté nord de la place de l’Ourail, et classe ce chemin comme chemin rural d’une largeur de cinq mètres » lisons-nous dans le registre de délibération du Conseil municipal.

Mais qui était Samson LEPESQUEUR ?

Il était le descendant d’une lignée dont le premier connu Hyacinthe Samson Lepesqueur, époux de Véronique Lefrançois, était originaire de Oissel. Leur fils Samson Antoine Lepesqueur, né en 1776 est dit batelier et boulanger, épousa en 1798, Marie Marthe Reine Dantan, née en 1776, fille de Jean-Louis Dantan et de Marie Rose Lepesqueur.

Hyacinthe Samson Lepesqueur, leur fils (1799-1828) commissionnaire en draps, épousa en 1821, Anne Hermier (1802-1873). Ils eurent deux enfants dont Antoine Samson Lepesqueur né le 3 juillet 1822 à Elbeuf et décédé le 22 mars 1887 à Elbeuf. Il épousa le 10 avril 1855 à Elbeuf avec contrat de mariage fait le 19 février 1855 en l’étude de Maître Jean Louis Buée, notaire à Elbeuf, Alexandrine Henriette Christine Grandin de L’Eprevier, née le 7 février 1834 à Elbeuf, décédée le 3 octobre 1892 à Elbeuf, fille de Marie Pierre Constant Grandin de L’Eprevier, propriétaire, manufacturier, et de Rosalie Virginie Flavigny. Les témoins au mariage furent Charles Honoré, banquier (31 ans) et Philogène Olivier (56 ans), manufacturier, demeurant place de l’Hôtel de Ville à Elbeuf.

Conseiller municipal de La Londe du 15 octobre 1852 au 19 août 1865, il fut nommé maire par le Préfet jusqu’au 26 septembre 1870, puis maire élu jusqu’au 2 mai 1886, lorsqu’il démissionna, mais resta Conseiller municipal jusqu’à sa mort en 1887.

Samson Lepesqueur, manufacturier, racheta en 1882 l’usine de tissage de laine et d’apprêt situé 17, rue Camille Randouing à Elbeuf à Edmond Join-Lambert et en fit une manufacture de nouveautés. En 1885, de nouveaux équipements sont installés dont une sécherie mécanique, une rameuse de draps et trois chaudières. Cette société fut reprise au début du 20 è siècle par la société Gasse et Canthelou, et fermera en 1967. C’est cette usine qui vient d’être réhabilité en logements.

En 1868, il participa à la création du Bureau de bienfaisance (voir photo).

En 1869, Samson Lepesqueur, maire, outre qu’il offrit le vitrail n° 2 représentant Saint-Joseph et l’Enfant Jésus, se trouvant dans le chœur de l’église Notre-Dame de La Londe, il fit un don de 2000 francs en 1876 pour les pauvres de la commune. En 1868, sa mère Anne Hermier donna 200 francs pour secourir les indigents puis en 1869, elle offrit le vitrail n° 1, dédié à Sainte Anne et Marie.

C’est encore lui qui a habité le « château de la Hérangère dit propriété Samson Lepesqueur » situé rue des Fusillés, près de la ferme Vancaeyzeele. Celui-ci n’est peut-être pas le premier construit à cet endroit puisque sur le terrier du marquisat datant d’avant la Révolution, on y voit le dessin d’une vaste propriété avec allée plantée menant à la rue Romarette (actuelle rue Athanase Frété).

Leur fils Henri Constant Samson Lepesqueur né le 12 février 1856 à Elbeuf et décédé le 6 octobre 1902 à Elbeuf, a épousé le 29 mai 1886 à Elbeuf Marie Marthe Olivier née le 2 juin 1866 à Elbeuf et décédée le 16 avril 1907 à Elbeuf. Marie Marthe Olivier offrit, conjointement avec l’abbé Jules Laurent ancien curé de la paroisse, le vitrail n° 16 représentant Saint-Joseph et l’enfant Jésus, à l’occasion du baptême le 19 décembre 1886 de la cloche nommée Julie Marthe Marie. (Ce baptême fut mis en vers par notre poète Athanase Frété dit Roger Bontemps).

En 1895, pour la création d’un corps de Sapeur-pompiers, qui eut lieu par arrêté préfectoral du 31 août 1896, ce fut donc Henri Constant Samson Lepesqueur  qui fit cadeau à la commune de la pompe à incendie qui se trouve actuellement dans le hall de la mairie (voir photo).
Manufacturier, Officier d’Académie, Trésorier de la Fabrique de Saint-Jean d’Elbeuf, Ancien vice-président de la Société Industrielle, il fut Conseiller municipal de La Londe du 6 mai 1900 au 16 février 1902 et dont il démissionna à cause de l’installation d’une école laïque à La Londe.

Ils eurent quatre enfants dont Elizabeth Christine Marie Lepesqueur (1890-1977), mariée en 1914 avec le baron Guy William Gabriel Charles de La Chapelle d’Uxelle, (1877-1958).

C’est un de leurs descendants qui est encore propriétaire du château de la rue des Fusillés.