Par Edouard Allégrini, ancien Conseiller Municipal

“Ces tas d’ordures du coin des bornes
Ces tombereaux de boue…savez-vous ce que c’est ?
C’est de la prairie en fleur, de l’herbe verte…
C’est du blé doré, c’est du pain sur notre table,
De la santé, de la joie, de la vie. “
Victor Hugo

Mais de quoi s’agit-il ?
Eh ! Oui Victor Hugo fait merveilleusement référence au COMPOST

Qu’est-ce qu’un compost et quel est son utilité ?

La fabrication du compost permet de réduire le volume de sa poubelle et de produire, à partir de déchets organiques (reste de cuisine, taille de végétaux) un humus de qualité nécessaire au bon développement des plantes (que cela soit les plantes vertes ou celles du jardin et du potager).

L’humus disparaît chaque année à hauteur de 2 à 3%, en se minéralisant pour apporter les éléments indispensables au développement des plantes. En incorporant du compost à la terre, le jardinier compense cette perte, améliore la fertilité du sol et limite le volume de déchets à traiter.

Les résidus organiques compostables sont : les déchets dits azotés tels que :
– des déchets végétaux, de jardinage (tailles de haies, tontes de pelouse…), des feuilles vertes, des déchets ménagers périssables (déchets des légumes et de fruits). Il est ainsi possible de diminuer de 30-50 % sa quantité,
– d’ordures ménagères et de diminuer d’autant la taille des décharges et les volumes de déchets transportés vers les incinérateurs ;
– des déchets dits carbonés : branches broyées, feuilles mortes, paille (on stockera précieusement ces matières pour toujours en avoir à sa disposition pour les mélanger avec les matières azotées) ;
– des coquilles d’œufs, de noix ;
– des litières biodégradables des animaux herbivores ;
– de papier en évitant ceux qui sont imprimés, le carton (il sert de refuge aux vers de terre) ;
– des morceaux de tissus en matières naturelles (laine, coton), etc.
– des déchets de maison (mouchoirs en papier, essuie-tout, cendre de bois, sciures, copeaux, plantes d’intérieur non malades).

Attention : certaines matières comme les marcs de café possèdent une décomposition très lente.

Description du procédé

Le compostage est une opération qui consiste à dégrader, dans des conditions contrôlées, des déchets organiques en présence de l’oxygène de l’air.

Dégradation

On peut constater que la température monte rapidement à 40-45°C suite à la respiration des micro-organismes mésophiles aérobies.
Les composés les plus dégradables tels les sucres et l’amidon sont d’abord consommés.

Maturation

La quantité de matière facilement utilisable par la microflore se raréfie et la biosynthèse de composés humiques devient prédominante. On assiste à la disparition des micro-organismes thermophiles au profit d’espèces plus communes et de nouvelles espèces mésophiles au fur et à mesure que la température décroît au cours d’une longue période de mûrissement pour se stabiliser au niveau de la température ambiante.

Il faut encore signaler que la transition entre chacune des phases citées précédemment résulte d’une évolution continue : il n’y a pas de frontière marquée entre les espèces mésophiles et thermophiles. Chaque espèce possède une gamme de températures vitales avec un optimum au milieu.

Influence de l’environnement

La progression du matériel de départ vers le stade final, l’humus, dépend d’un grand nombre de facteurs externes comme la dimension des particules, la nature des nutriments, leur structure, le taux d’humidité, l’aération, le pH… D’autre part, en se multipliant, les micro-organismes changent constamment leur environnement et le rendent souvent impropre à leur développement.

Conditions physiques :

Aération
Ce facteur est essentiel puisque le compostage est un processus aérobie. On estime que l’air devrait occuper au moins 50% du volume du tas. L’anaérobiose commence lorsque le taux d’oxygène du tas est inférieur à 10% ; elle prédomine au dessous de 5% d’O2 (air = 21% O2). Diverses techniques permettent de rétablir l’aérobiose, elles seront décrites ci-dessous.

Humidité
Comme pour un substrat de culture, l’aération et l’humidité du compost sont liées : un excès d’eau diminue la quantité d’air disponible dans le volume de compost. Un système d’aération plus efficace sera alors nécessaire.

La chaleur libérée par la fermentation provoque l’évaporation d’une grande quantité d’eau. L’arrosage de la masse en fermentation permet le cas échéant de manière à maintenir un taux d’humidité de 50 à 70% de la masse fraîche (c’est-à-dire l’équivalent de la capacité au champ pour un sol). D’autre part les pluies battantes comme l’évaporation excessive par le soleil peuvent aussi ralentir le processus. Une couverture, toiture ou bâche peut répondre à ce problème.

Dimension des particules
Outre son rôle sur la porosité à l’air et la rétention en eau du milieu, l’un des effets de la dilacération préalable (broyage) est d’augmenter la surface de contact entre les déchets et la microflore. Une réduction de la taille des particules entraîne donc un accroissement du taux de décomposition mais aussi une circulation d’air plus faible (risque d’anaérobiose).